Le vrai visage du
printemps arabe
Le « Printemps
arabe » est un ensemble de contestations populaires, d'ampleur et
d'intensité très variables, qui se produisent dans de nombreux pays du monde arabe à partir de décembre 2010.
L'expression de « Printemps arabe » fait référence au « Printemps des peuples »
de 1848 auquel
il a été comparé, tout comme le Printemps de Prague. Ces
mouvements révolutionnaires nationaux1 sont aussi qualifiés de révolutions arabes, de révoltes arabes, ou encore de « réveil arabe2 »,
certains vont jusqu’à parler d’une révolution
Facebook, d’une révolution
Twister voire d’une révolution 2.0 tant l’usage des réseaux sociaux et
des géants du Net aurait été important3. Avec
le recul, le pluriel « Printemps arabes » a également été
privilégié pour mieux rendre compte de la diversité des mouvements regroupés
sous cette appellation4,5.
Les événements ont commencé avant la date retenue du 17 décembre 2010, à savoir :
la répression des sit-in hebdomadaires à Alger depuis Août 2010, le
démantèlement d'un camp de protestataires séparatistes à Layons au Maroc en
novembre 2010, des manifestations contre la hausse des denrées alimentaires en
Algérie en décembre 2010, puis la date retenue sera le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid d'où le nom de "la révolution en Tunisie" qui a
conduit Zina el-Abadie Ben Ali à quitter le pouvoir. D’autres peuples
"reprennent" à leur tour le slogan « Dégage ! » (ou Exhala ! en arabe6)
devenu le symbole de ces révolutions7,8,9,10,11,12. Outre
le départ des dictateurs et l’instauration d’une démocratie, les manifestants
exigent un partage des richesses qui leur assure de meilleures conditions de
vie, des emplois, et la dignité (« karma » en arabe)13,14,15. Alors
que la révolution
égyptienne provoque
le départ d’Hosni Moubarak et une transition démocratique, les autres
n'ont pas les mêmes conséquences : en Libye, elle tourne à la guerre civile entre
les forces fidèles au régime de la Jamahiriya de Mouammar Kadhafi et les insurgés, soutenus par une
intervention étrangère sous mandat de l'ONU ; à Bahreïn, la
solidarité contre-révolutionnaire des monarchies du golfe Persique fait
échec au mouvement de contestation mais elle reprend à partir de juin 2011 ;
au Yémen, le
dictateur Saleh qui réprime la révolte louvoie entre exigences de
l’opposition et le soutien international à une transition pacifique et finit par démissionner le 25 février, et
en Syrie, la répression exercée par
le régime de Bahar el-Assad cause des milliers de morts. Malgré la
violence des répressions dans tous les pays concernés par des mouvements
d'ampleur, elles échouent presque toutes et les contestations continuent16. Tous
les autres pays du monde arabe sauf le Qatar ont été touchés, mais les
manifestations y ont eu une ampleur et des conséquences plus limitées. Des
États non arabes ont enregistré aussi des manifestations ou procédé à des
actions préventives, notamment l'Iran, mais l'ampleur de ces mouvements a
généralement été moindre et l'influence des événements du monde arabe n'a pas
toujours été clairement établie.


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